Sun Wen : Une femme d’exception

Le football a connu de nombreuses légendes. Parmi ces footballeurs et footballeuses d’exception, une chinoise du nom de Sun Wen a fait briller son pays sur la scène internationale. L’attaquante a connu une riche carrière qui l’amènera à tutoyer les sommets. De Shanghai à Atlanta en passant par Los Angeles, Sun Wen a écrit son histoire entre la Chine et les États-Unis.

Son histoire commence à Shanghai où elle touche ses premiers ballons en compagnie de son père. Un patriarche qui va lui faire connaître ses premiers matchs, l’emmenant voir le championnat chinois de football masculin. Très tôt son talent balle au pied ne fait aucun doute, elle démarre en 1989 avec les professionnelles à l’âge de 16 ans avec le club du Shanghai SVA – actuel Shanghai Greenland Shenhua. Deux ans plus tard, elle fait partie de la sélection chinoise pour la Coupe du monde 1991 en Chine, la première édition officielle. L’adolescente sera titulaire tout au long du tournoi. Une première expérience mémorable pour Sun Wen qui inscrira son premier but en Coupe du monde, contre le Danemark lors de son deuxième match.

“C’était l’expérience la plus inoubliable de toute ma vie. Ma participation au premier tournoi organisé en Chine reste mon plus beau souvenir. J’entends encore notre hymne national, interprété juste avant le coup d’envoi. J’étais tellement nerveuse que je ne savais plus quoi faire. Je n’arrêtais pas de me répéter : ‘Respire’. C’était à la fois très motivant et très excitant.”

(Source : FIFATV)

Malgré une élimination en quart de finale, Sun Wen et ses coéquipières viennent de faire un grand pas dans le développement du football féminin dans leur pays. Six ans plus tard, le championnat de football féminin fait son apparition. Des nouvelles joueuses émergent et la Rose de l’acier – surnom de la sélection chinoise – se renforce en vue du Mondial 1999.

Un Mondial presque parfait

La Coupe du monde 1999 sera l’apogée de la sélection chinoise et de Sun Wen. L’attaquante va être l’attraction numéro un aux États-Unis. Rapide et technique, Sunny se démarque par sa patte gauche qui fait des ravages dans les défenses adverses. Numéro neuf dans le dos, elle marquera pas moins de 106 buts pour la Chine, faisant d’elle la meilleure buteuse de l’histoire de la sélection chinoise.

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La Chine a une revanche à prendre sur les États-Unis dans ce Mondial. En 1995, elle avait perdu le match pour la troisième place de la Coupe du monde, après une défaite 2-0 contre les Américaines. Un scénario qui va se répéter un an plus tard, lors des Jeux Olympiques d’Atlanta (États-Unis). A domicile, les États-Unis vont battre en finale la Chine dans un match serré 2-1. Médaille d’argent autour du cou, les joueuses chinoises auront à cœur de faire tomber les géantes Américaines qui ont brisé leur rêve d’or olympique en 1996. Et la Chine va faire une Coupe du monde tonitruante.

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Après une victoire sur la Suède, la Chine emmenée par sa capitaine Sun Wen va faire des étincelles. Supérieure face au Ghana, Sunny va s’offrir un triplé pour participer au festival offensif de la Rose de l’acier. Victoire 7-0 sur le Ghana, la Chine annonce la couleur. En quart de finale, la Russie ne pourra rien faire face aux Chinoises, nouvelle victoire 2-0. Dans le dernier carré, l’attaquante vedette de la Rose de l’acier inscrit un doublé et s’en va disputer sa première finale de Coupe du monde.

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Sun Wen retrouve les Américaines en finale, devant un stade du Rose Bowl de Los Angeles à guichets fermés. Mais après un match sans issue, le destin des deux équipes va se jouer aux tirs au but. Malheureusement pour Wen, les États-Unis triompheront de nouveau. Elle pourra se consoler en raflant le titre de meilleure joueuse et de meilleure buteuse du tournoi. Celle qui était une star en Chine, deviendra après le tournoi une star internationale. L’attrait du public américain pour cette merveilleuse joueuse de 26 ans se concrétisera en 2000. Cette année-là, elle rejoindra le continent américain pour jouer deux saisons avec le club de Atlanta Beat. Un court passage marqué par des blessures, qui prendra fin après que la chinoise décidera de revenir au pays. Elle finira sa carrière là où tout a commencé à Shanghai.

Une femme engagée

Après ses succès sur la scène continentale, elle va se retirer des terrains en 2006. Une accumulation de blessures tout au long de sa carrière va l’empêcher de poursuivre son aventure plus longtemps. Mais elle ne va pas quitter le monde du football pour autant. Ambassadrice de la FIFA, elle s’est investie dans le football féminin en Chine. En octobre 2019, Sunny est devenue la nouvelle vice-présidente de la fédération chinoise de football, une nouvelle étape dans la reconversion de la légende du football chinois. Forte de son expérience à la direction du département d’entrainement des jeunes chinoises au sein de la fédération, elle compte bien refaire de la Chine une place forte du football féminin.

« J’ai eu beaucoup d’expérience au cours des dernières décennies, et j’espère pouvoir aider à mieux développer le football féminin chinois après avoir assumé mon nouveau poste »

(Source : China Daily)

Pour beaucoup elle restera comme l’une des toutes meilleures joueuses de l’histoire de ce sport. Élue meilleure joueuse du XXe siècle au côté de l’américaine Michelle Ackers par la FIFA, elle a hissé la Chine et le continent asiatique au sommet du football mondial, bien avant Homare Sawa. Son nouveau rôle lui permet de continuer le développement du football féminin dans son pays. Un travail qu’elle a commencé dès son plus jeune âge, et qu’elle va léguer aux générations futures, en attendant l’émergence d’une nouvelle championne qui ramènera la Chine sur les devants de la scène internationale.

Images :

FIFA

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