Thomas Ravelli, le dernier rempart suédois

La Suède va signer l’une de ses meilleures Coupes du monde en 1994. Grand artisan du succès des scandinaves, le gardien Thomas Ravelli va réaliser ses plus belles prestations contre la Roumanie et le Brésil. Avec Thomas Brolin et Kennet Andersson, Ravelli est l’un des héros des Blågult version 1994.

Peu de gardiens peuvent se targuer d’avoir mis en échec Bebeto, Eric Cantona, Gheorghe Hagi, ou Hristo Stoitchkov. Et pourtant c’est le cas de Thomas Ravelli. Resplendissant avec la Suède et son club de l’IFK Göteborg, il va écœurer le Brésil, la Roumanie, le FC Barcelone, Manchester United, et bien d’autres équipes. Gardien atypique qui n’hésitait pas à sortir loin de sa ligne pour repousser les offensives adverses, il va être l’un des meilleurs portiers que la Suède ait connu.

Sa carrière va commencer à l’Öster IF à plus de 120 kilomètres de sa ville natale, Vimmerby. Titulaire dès ses débuts en 1978, il remporte avec son grand frère, Andreas Ravelli, trois titres de champion national lors de ses quatre premières saisons. Solidement installé dans les buts, il fait forte impression en Suède et même jusqu’en Allemagne. Courtisé par le Bayern Munich, il voit des rumeurs l’envoyer en Bavière puis s’éteindre définitivement en 1981. Qualifié en Coupe des Clubs Champions, l’Öster IF retrouve le Bayern Munich pour les seizièmes de finale. Les dirigeants bavarois sont attentifs à la prestation de Ravelli. Mais il est à la peine et encaisse six buts, dont cinq rien qu’au match aller. Le Bayern se qualifie sans encombre, et Ravelli n’entendra plus jamais parler du Bayern Munich.

Pendant de nombreuses années, le gardien suédois doit cumuler deux emplois pour vivre. Semi-professionnel à l’Öster IF, il est aussi vendeur de produits d’entretien pour les imprimeries. Un cumul d’emplois qui prendra fin en 1989, lorsqu’il signera pro chez l’IFK Göteborg. Son club formateur relégué en deuxième division, le voilà gardien numéro un de Göteborg. Il arrive dans une période faste pour les Blåvitt. Six fois champions de Suède de 1990 à 1996, il est l’une des grandes figures de l’épopée européenne, lors de la Ligue des Champions 1995.

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Battus en quart de finale, Ravelli et ses coéquipiers sont stoppés par le Bayern. Auparavant, le club suédois s’est offert le luxe de terminer premier de son groupe. Une première place acquise contre le FC Barcelone de Romario et le Manchester United d’Eric Cantona. Imparable sur sa ligne, Ravelli défendra savamment ses buts pour écœurer ses adversaires. Au sommet de sa forme, le portier sort d’une année fantastique, où il mènera son pays à la troisième marche du podium mondial.

SVT visar Sveriges VM-matcher från 1994 | Aftonbladet
Les joueurs suédois célèbrent leur victoire face à la Russie.

La Suède arrive aux USA avec une belle génération. Demi-finaliste de l’Euro 92 à domicile, la Suède veut faire aussi bien qu’en 1958, finaliste de la Coupe du monde face au Brésil. Lors du Mondial 94, elle retrouve le Brésil en phase de poule, de même que le Cameroun et la Russie. Poussive pour ses débuts contre le Cameroun, la Suède fait match nul 2-2. En difficulté pour son premier match, Ravelli n’est pas exempt de tout reproche sur les deux buts camerounais. Lui et ses compatriotes se reprennent au match suivant, victorieux de la Russie 3-1. Face au Brésil, la Suède joue la première place. Après un but de Kenneth Andersson, Romario remet les deux équipes à égalité juste après la pause. Ravelli va s’employer à stopper les offensives brésiliennes pendant le reste du match.

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La Suède se qualifie en quart de finale après un succès 3-1 contre l’Arabie Saoudite. Le tour suivant contre la Roumanie est plus serré. Dos à dos avant la séance de tirs au but, le gardien suédois ne fait pas l’unanimité dans le onze. Mais il va saisir sa chance pour montrer toute l’étendue de ses qualités. Il arrête deux tentatives roumaines et envoie la Suède dans le dernier carré. Héros déterminant contre la Roumanie, il va se sublimer contre le Brésil en demi-finale.

« J’ai fait un très bon match, mais nous étions complètement cuits que ce soit physiquement et même mentalement. On avait eu seulement trois jours de repos après notre quart contre la Roumanie. Mais soyons clair, le Brésil, c’était la meilleure équipe du monde et ils l’ont prouvé. » Thomas Ravelli dans une interview à So Foot

À bout de forces, les Suédois vont résister aux assauts brésiliens grâce à un homme, Thomas Ravelli. Il multiplie les parades décisives, et se permet même de faire un petit pas de danse après un arrêt sublime sur une frappe de Branco. Décidément sur une autre planète ce jour-là, il doit malgré tout s’incliner devant Romario qui finit par trouver la faille (80e). Dans le dernier match du tournoi, il est encore une fois impeccable sur sa ligne. Victorieux de la Bulgarie de Stoitchkov, il conclut ce Mondial sur un clean sheet, son premier du tournoi.

Gardien iconique des années 90, Ravelli n’avait pas sa langue dans la poche pour remettre de l’ordre dans sa défense. Doté de très bons réflexes sur sa ligne, il excellait dans l’art de détourner les penaltys. En digne successeur de Kalle Svensson, gardien lors du Mondial 58, le natif de Vimmerby sera un véritable showman sur les terrains de la World Cup 94, comme aucun autre gardien.

Crédit image : Barcalcio.net / Aftonbladet.se

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